Conception et construction
La coque du 39 est en stratifié massif de fibre de verre, stratifiée dans des moules divisés et assemblée le long de l'axe longitudinal, avec un pont en sandwich balsa collé à la coque sur une bride intérieure. Dans les zones à forte charge sous le pont, Ericson a remplacé le balsa par du contreplaqué massif, et les cloisons en contreplaqué étaient bien stratifiées à la coque. Le lest interne en plomb est positionné bas, et la quille à aileron inclinée vers l'arrière présente un brion profond tandis que les sections arrière plus arrondies forment un skeg à trois quarts. Le safran est en mousse sur une varangue en fer avec une fine peau en fibre de verre, et l'expertise de l'époque signalait que la mèche de safran aurait pu être renforcée avec de l'acier inoxydable. La courte longueur à la flottaison de 30 pieds, les élancements de 9 pieds et l'arrière pincé selon le ratio IOR offrent une entrée d'eau longue et épurée ; le déplacement de 19 000 lb et un ratio de lest proche de 50 % garantissent une véritable raideur à la toile, un chiffre confirmé comme étant la source de son comportement raide à la toile. (1)
Gréement et comportement
Un gréement en tête avec 739 pieds carrés de voilure et un ratio surface de voile/déplacement de 16,62 plaçaient le 39 résolument dans la catégorie des croiseurs-régatiers pour l'année 1970, même si ce chiffre semble aujourd'hui très élevé pour un croiseur. Le 39 fut l'un des premiers bateaux à utiliser une réglage de bôme sur l'écoute de grand-voile, avec le chariot de bôme en avant de la descente, tandis que le 39B déplace généralement le chariot et l'écoute vers l'arrière. La plupart des bateaux étaient équipés de winches Barlow ou Barient qui ont bien vieilli. À la barre, la roue est située juste derrière la plateforme de liaison plutôt que sur le safran, et une barre franche de secours plus en arrière indique la véritable position d'origine. Le 39 tient bien son cap au près et présente un passage doux dans la mer, bien que les deux modèles soient difficiles à barrer en marche arrière, et que la largeur étroite avec un arrière pincé soit moins idéale aux allures portantes. (1)
Aménagements
Sous le pont, le 39 à pont plat offre un intérieur aux moulures en acajou qui peuvent être refaites. La cuisine se situe à tribord avec deux éviers orientés vers l'avant, une cuisinière à trois feux à l'extérieur et une glacière à l'arrière ; en face se trouvent une couchette de salon et une couchette de quart qui passe sous la table de cartes orientée vers l'arrière. Le carré dispose de banquettes faisant face autour d'une table centrale, la salle d'eau à l'avant à bâbord n'est pas particulièrement spacieuse, et un grand coffre penderie en face dessert la cabine avant en V, généreusement dimensionnée avec des couchettes basses faciles à monter. Le 39B troque le pont plat contre un rouf surélevé avec des mains courantes en teck, gagnant ainsi en hauteur sous barrots et un escalier de descente décalé qui ouvre sur une cabine arrière plutôt que sur une simple couchette de quart, avec une capacité de cales augmentée et seulement un coffre de cockpit en moins.
Known Issues
Les ponts flush avec âme en balsa exigent une attention particulière à la délamination du pont, une faiblesse connue sur ces bateaux. Les cadènes sont fixées à la cloison principale et, comme toutes les cadènes finissent par fuir, une cloison pourrie représente un risque réel si l'eau s'est infiltrée. Le grand capot avant du modèle à pont flush n'est pas épargné par les fuites. Sur le plan mécanique, les premiers bateaux étaient équipés d'un moteur à essence Atomic 4 de 30 ch, remplacé plus tard par un Westerbeke 30 ; beaucoup ont depuis été remotorisés au diesel, mais l'unité est logée derrière les marches de la descente, ce qui rend l'accès difficile, et le réservoir de carburant d'origine en fonte de 20 gallons aurait dû être remplacé depuis longtemps. (1)
Refits et entretien
Les acheteurs potentiels du 39 compareront le profil performant en navigation d'un bateau à pont plat avec la cabine arrière et sa hauteur sous barrots plus adaptées à la croisière du 39B. Les remotorisations, les conversions au diesel, le remplacement des réservoirs ainsi que les réparations de cloisons ou de l'âme du pont constituent les tâches majeures de l'entretien. Le plancher de cabine moulé et le pont renforcé en contreplaqué témoignent d'une construction simplifiée pour la production de série, mais les menuiseries et le lest en plomb récompensent un entretien rigoureux.
Le verdict
L'Ericson 39 est un croiseur-régatier dessiné par King qui s'est transformé en un performant voilier de voyage, doté d'une coque raide et douce à la mer ainsi que d'un intérieur pratique bien que daté. Le 39B reste un bateau de culte pour ceux qui recherchent une cabine arrière sans quitter cette lignée.
Avantages
- Ratio de lest proche de 50 % offrant une réelle raideur à la toile
- Coque en stratifié massif avec lest interne en plomb
- Intérieur en acajou pouvant être refait
- Le 39B offre une cabine arrière et une hauteur sous barrots accrue
Les points faibles
- Pont flush en sandwich balsa sujet à la délamination
- Infiltrations au niveau des cadènes et des cloisons qui menacent ces dernières
- Accès médiocre au moteur derrière les marches de la descente
- Difficile à barrer en marche arrière










