Conception et construction
Le concept de coque de Jackett était un corps de canot modéré en forme d'onglet, doté d'une longue flottaison de 35 pieds et d'une étrave droite, présentant une surélevation morte suffisante à l'avant pour atténuer le passage dans la mer formée. La construction elle-même repose sur des moules monopartie pour la coque et le pont, ce qui supprimait les liaisons secondaires de la structure, tandis que l'âme en mousse Divinycell était conique pour reprendre la fibre de verre massif là où l'accastillage était fixé ou où les charges de la quille se concentraient. La raideur ne provient pas seulement de cette stratégie d'âme, mais aussi des contre-moules stratifiés à la coque, des cloisons soigneusement posées et des pièces moulées intérieures qui travaillent ensemble. La quille est fixée par des boulons en acier inoxydable en forme de J coulés dans le plomb et fixés à une varangue interne stratifiée à la coque, et le voilier affiche un indice de stabilité CE de 40 — bien au-dessus de la catégorie A qui commence à 32. (1)
Gréement et comportement
Le gréement est un sloop fractionné avec un mât en alliage Sparcraft cône de 62 pieds et une configuration de voilure Solent à double voile d'avant, le foc étant enroulé sur un bôme Hoyt auto-vireur en fibre de carbone qui a survécu à la refonte du plan. Un bout-dehors en inox fait office de point d'amure pour les deux voiles d'avant ainsi que de davier d'échouage. Sous voiles, la grand-voile entièrement lattée court sur un rail Harken Battcar avec lazy jacks, et l'écoute de bôme menée au milieu du bôme avec un petit chariot de bôme permet de garder le cockpit dégagé des bosses de bôme. Le reacher sur enrouleur est une véritable machine dans le petit temps au près, bien qu'il ne soit pas conçu pour le près serré dès que la brise dépasse les deux chiffres. Au moteur, les navigateurs d'essai ont constaté que le moteur Yanmar trois cylindres de 40 chevaux associé à une hélice Max produisait 7,2 nœuds sur eau plate, et le safran suspendu semi-compensé assure une direction douce sans claquer. (1)
Aménagements
Sous le pont, la cuisine tribord domine avec un évier en ligne de mire, un grand plan de travail en acrylique, une cuisinière Force 10 à deux feux, un micro-ondes et un réfrigérateur-congélateur à tiroirs sous un capot, le tout sur un plancher antidérapant adapté à la cuisine en navigation. La table du carré se replie contre la cloison pour dégager l'espace et peut s'abaisser pour accueillir les convives des deux côtés. Une table à cartes est installée à bâbord près de la descente, et l'accès au moteur sous l'échelle est suffisant plutôt que spacieux. À l'avant se trouve une salle d'eau avec douche et une cabine avant en V assez grande ; à l'arrière, les acheteurs ont choisi soit des couchettes doubles côte à côte, soit une cabine bâbord avec un grand coffre à bâbord. Les testeurs ont apprécié les nombreux petits hublots ouvrants du rouf plutôt qu'un seul grand vitrage fixe, mais ont noté que le bateau ne dispose pas de trappes de pont Dorade, et que les capacités des réservoirs et les rangements sont minimes mais adéquats pour le programme.
Points à surveiller
Le halebas rigide bascule au-dessus du capot du carré, de sorte que le couvercle ne peut pas être entièrement ouvert en navigation. Le puissant safran suspendu risque de se bloquer à un angle de plein safran si on recule à plus de quelques nœuds, ce qui impose de la prudence en marche arrière. La limite de près du reacher dans les vents forts est plutôt une précaution de manœuvre qu'un défaut.
Le verdict
Le Blue Jacket 40 est une rupture avec la tradition d'Island Packet soigneusement conçue, qui troque le conservatisme lourdement lesté pour une plateforme plus légère, plus raide et hauturière, dotée d'un gréement solent autovireur astucieux. De légères particularités ergonomiques et de maniement ne gâchent pas un croiseur-régatier performant.
Les points forts
- Coque en sandwich mousse infusée de résine avec moules à une pièce et zones massives à forte charge
- Catégorie CE A avec STIX 40 et aptitude au voyage hauturier
- Bôme Hoyt autovireuse et gréement solent facilitant la navigation en équipage réduit
- Barre douce et directe, excellente remontée au vent par petit temps
Les points faibles
- Les poulies de hale-bas bloquent l'ouverture du capot de rouf en navigation
- Le safran peut taper violemment à partir de deux nœuds de vitesse arrière
- Pas d'aérations Dorade ; capacité des réservoirs minimale pour une croisière indépendante prolongée






