Conception et construction
Le franc-bord bas et la largeur étroite du bateau lui confèrent un profil traditionnel très élégant qui s'inscrit comme une évolution directe du Folkboat plutôt que comme une rupture avec celui-ci. Avec 2 300 livres de lest pour un déplacement de 5 400 livres et une coque à quille longue, il affiche un ratio lest/déplacement de 0,43 et un ratio déplacement/longueur (D/L) de 260, des chiffres qui expliquent la stabilité décrite par les critiques. Rogers a construit environ 350 unités au Royaume-Uni et J.J. Taylor en a fabriqué 400 autres au Canada ; Yachting Monthly recense une production de 360 exemplaires sur 13 ans pour ce type, avec une qualité de construction et des finitions variables d'une année à l'autre, mais généralement acceptables. La coque est en stratifié massif de fibre de verre, et la structure du pont faisait partie des changements apportés par Sadler et Rogers par rapport au prédécesseur en bois.
Gréement et comportement
Son gréement de sloop à un seul étage de barres de flèche pouvait facilement être converti en cotre avec des bastaques et un étai intérieur pour le travail au large, et sur certaines unités les drisses et les bosses de ris ont été renvoyées dans le cockpit pour une manipulation plus aisée. Sous voiles, elle gîte rapidement mais se stabilise vite ; il lui faut peu de vent pour démarrer. Cruising World a noté qu'elle peut porter toute sa toile jusqu'à 20 nœuds de vent et faire confortablement des journées de 120 milles nautiques en traversée. Écrivant dans Yachting Monthly, les chroniqueurs la trouvaient raide à la toile, étonnamment vive au largue par vent faible, et capable de passer à travers presque tout, bien qu'elle prenne pas mal d'eau et que ses performances au près aient valu à l'un des testeurs, après 300 milles aux Bahamas, l'aveu franc que ce ne sont pas là des qualités impressionnantes. Cette même critique était compensée par sa capacité à survivre à presque toutes les tempêtes. Des passavants larges et de nombreux mains courants permettent à l'équipage de se déplacer en sécurité vers l'avant en mer. (1)
Aménagements
Sous le pont, le Contessa 26 présente un aménagement minimaliste de voyageur : une cabine avant en V, une petite salle d'eau et penderie à l'arrière, ainsi qu'une petite cuisine et une table à cartes positionnées à l'arrière de la cloison principale, complétées par deux couchettes de mer. Il n'y a pas de hauteur sous barrots, et le magazine Yachting Monthly décrit un carré étroit et bas avec des couchages pour quatre ou cinq personnes, mais un bateau mieux adapté à un couple. Au fil de la production, la cuisine rudimentaire et la table à cartes ont migré du milieu du bateau vers la descente, et les WC se sont déplacés de la cabine avant vers un petit compartiment fermé sur les modèles ultérieurs. Une mauvaise circulation d'air pourrait être améliorée par l'ajout de trappes de ventilation, mais Cruising World a jugé que le bateau avait tout ce dont un navigateur en solitaire a réellement besoin pour des voyages au long cours, et Yachting Monthly le qualifie d'idéal pour la navigation en équipage réduit.
Points à surveiller
Le grand cockpit qui rend les sorties à la journée et l'accueil de passagers agréables devient un danger potentiel lorsqu'il se remplit d'eau en mer. Yachting Monthly recommande de vérifier la zone de soutien du mât pour détecter d'éventuelles déformations sous compression, ainsi que le pied de la quille moulée pour repérer des dommages permettant l'infiltration d'eau. L'intérieur exigu et l'absence de hauteur sous barrots sont des caractéristiques intrinsèques et non des défauts, mais le manque de ventilation mérite d'être souligné pour tout acheteur envisageant d'y vivre à bord ou d'utiliser le bateau dans les zones tropicales.
Refits et propriétaires
La conversion en cotre avec bastaques et étai intérieur est un refit documenté orienté vers le grand large, et le renvoi des drisses principales et des bosses de ris à l'arrière est une amélioration de manœuvre courante. Les différents moteurs installés au fil des ans exigent que l'expert identifie précisément la motorisation ; les réservoirs de carburant de 11 gallons et d'eau de 10 gallons définissent le niveau d'autonomie. Avec environ 750 unités construites dans deux pays, la classe dispose d'un vivier important d'exemples éprouvés lors de tours du monde.
Le verdict
Le Contessa 26 est un petit voilier hauturier, étroit et extrêmement marin, dont la coque issue du Folkboat et ses aménagements modestes ont permis à des adolescents de faire le tour du monde en solitaire. Il n'est pas rapide au près et n'offre pas beaucoup d'espace intérieur, mais il est raide à la toile, marin et singulièrement éprouvé pour sa taille.
Avantages
- Confirmé dans l'OSTAR, la Round Britain and Ireland Race et plusieurs tours du monde en solitaire
- Raide à la toile, se redresse rapidement après avoir gîté, porte toute sa voilure jusqu'à 20 nœuds
- Aménagement orienté vers le solitaire avec tout le nécessaire pour de longues traversées
- La conversion en cotre et les commandes menées depuis le cockpit sont des améliorations faciles à mettre en œuvre au large
Les points faibles
- Performances au près peu impressionnantes selon l'expérience d'un testeur prolongé
- Grand cockpit dangereux en cas d'infiltration ; le bateau laisse entrer l'eau facilement
- Pas de hauteur sous barrots ; carré étroit et bas ; circulation de l'air médiocre
- Compression du support de mât et entrée d'eau par le pied de quille sont des priorités d'inspection







