Conception et construction
Le Brewer 44 et le 12.8 partagent la même coque et le même pont de base que le Whitby 42, mais l'ancienne quille longue et le safran fixé ont été supprimés pour être remplacés par une quille plus courte et un safran sur skeg. Cette modification a réduit considérablement la surface mouillée et amélioré les performances dans le petit temps. La coque elle-même est construite en stratifié classique avec âme en balsa, du juste sous la ligne de flottaison jusqu'à juste sous le tonti, et la liaison coque-pont est réalisée par un plat-bord en fibre de verre avec une bride intérieure recouverte par la bride extérieure du pont, boulonnée et étanchéifiée, puis recouverte de teck — une liaison solide et robuste. Une bande d'écopage en fibre de verre est moulée juste sous le tonti. Le 44 affiche nettement plus de volume que le 12.8 : le chantier indiquait un lest débutant à 11 000 livres pour grimper presque jusqu'à 12 000 livres, avec 2 000 à 3 000 livres de lest supplémentaires et 2 650 à 3 650 livres de déplacement global en plus, pour une longueur à la flottaison plus longue de 1 pied 3 pouces à 1 pied 9 pouces. Il s'agit de deux voiliers semi-personnalisés, commandés et construits plutôt que vendus sur le carreau d'un concessionnaire. (2)
Gréement et comportement
Le gréement standard est un cotre moderne à fort allongement, bien proportionné, avec un mât Isomat emplanté dans la quille, des winches de drisse Lewmar sur le profil et une possibilité de contrôler toutes les voiles depuis le cockpit. Un ketch à double voile d'avant avec bout-dehors était une option payante. Trois carènes de carène étaient disponibles : une version petit tirant d'eau (PTE) avec dérive pivotante haute (initialement standard sur le 12.8, puis optionnelle sur le 44 car les propriétaires l'utilisaient rarement), et deux versions grand tirant d'eau (GTE) légèrement plus profondes. Les formes affinées sous l'eau permettent au 12.8 comme au 44 de manœuvrer beaucoup mieux que le Whitby 42 aux vitesses de port. Le 12.8 naviguait de manière extrêmement équilibrée — bien réglé au près dans 12 nœuds et laissé à lui-même pour gouverner — et les critiques s'attendaient à ce que le lest supplémentaire du 44 en fasse un meilleur performeur dès que le vent dépassait les 15 nœuds, bien qu'avec la dérive basse dans les rafales, il ait tendance à partir au lof serré. Une barre à roue à grand diamètre avec système de barre à tirer mécanique offre une excellente réponse et un bon toucher, et la salle des machines est correctement isolée contre le bruit.
Aménagements
À l'intérieur, le 44 est un véritable croiseur à trois espaces : une cabine avant avec couchettes en V (étroites au pied, trop serrées pour toute personne de plus de 1,80 m), un carré principal avec des banquettes droites et en L, et une suite arrière rendue possible par la poupe allongée, qui abrite une couchette double longitudinale permanente plutôt que les couchettes de quart superposées du 12.8. Deux salles d'eau desservent l'aménagement, la première étant accessible par deux portes, et la seconde à l'arrière permettant d'avoir une douche assise. La cuisine en U dispose d'un grand réfrigérateur et d'un congélateur transversaux, d'un grand puits de séchage entre les éviers et la cuisinière, et d'un vrai capot de descente derrière le brise-lames. Les rangements sont généreux — trois coffres à vêtements, un coffre à cirés, un coffre à alcools dédié, et un immense passage de table à cartes avec rangement pour outils. La hauteur sous barrots atteint six pieds partout sauf dans le passage voûté menant à la cabine arrière. Le cockpit lui-même est immense, offrant confortablement huit places assises au mouillage, et un brise-lames moulé surélevé facilite l'installation d'un capote de descente sur toute la largeur.
Known Issues
Quelques défauts se retrouvent dans cette gamme. Un article sur un bateau neuf publié par Cruising World signalait un problème de pont pour lequel le propriétaire avait obtenu une indemnisation après avoir reçu deux devis. Sur le tableau arrière inversé du 44, une annexe a tendance à se coincer lorsqu'elle est descendue depuis les bossoirs, tandis que le tableau arrière vertical du 12.8 descend proprement. Les passavants sont très étroits car la tonture est large, et les cadènes de haubans se situent au milieu du pont sans aucune marge pour passer à l'extérieur des haubans. Les réservoirs de carburant sont placés dans les canaux d'eau presque au niveau le plus bas du plat-bord. Dans les salles d'eau, la porte de la cabine avant supprime tout espace de rangement, et gîtant à tribord au près, l'eau de mer remonte par le lavabo. La descente de la cabine arrière dispose d'un panneau de descente à lattes orienté vers l'avant, ce qui fait entrer les embruns. La capacité totale des batteries standard n'est que de 225 Ah, ce que les testeurs ont jugé trop faible pour le bateau, et les évents de descente de la Dorade sont sous-dimensionnés par rapport aux trappes de ventilation.
Refits et entretien
Practical Sailor a constaté que le 44 était nettement plus soigné dans ses détails que les premiers modèles de 12.8, avec des moulures de portes en teck massif plutôt qu'en placage collé et des ouvertures de panneaux plus épurées. Le moteur Perkins 4-154 standard de 62 ch (un Perkins de 85 ch en option) avec 135 gallons de carburant offre environ 700 milles au moteur ; un faible nombre d'heures de fonctionnement et un entretien méticuleux ont été signalés sur les bateaux de propriétaires. Les winches de génois standard sont des Lewmar 52 self-tailers, les écoutes d'étai sont actionnées par des Lewmar 30, et un chariot de bôme sur toute la largeur se situe au-dessus de la cabine arrière — bien que ses commandes se trouvent à l'extrémité arrière de la cabine, ce qui nécessite de monter depuis le cockpit. La plupart des winches standard semblent limités pour une utilisation intensive, la renvoi de drisse principale était d'une qualité médiocre même sur un 44 neuf, et les winches d'étai sont dissimulés à l'extérieur du capote de descente ; les winches d'écoute principales font passer leur manivelle à travers les filières.
Le verdict
Le Brewer 44 est un descendant de Whitby mûri avec soin qui sacrifie un peu d'espace utile sur le tableau arrière au profit d'un véritable lit double arrière et d'un intérieur parfaitement habitable, soutenu par une structure coque-pont solide et un gréement de cotre équilibré qui se comporte très bien au port et dans le petit temps.
Les points forts
- Le tableau arrière prolongé crée une véritable suite arrière et un aménagement plus divisé que sur le 12.8
- Les appendices avec safran intégré à la quille dégagée améliorent les manœuvres et les performances dans le petit temps par rapport au Whitby 42
- Liaison coque-pont solide et étanchéifiée avec un capot en teck et un liston moulé
- Un immense cockpit et un véritable aménagement à trois espaces avec de nombreux rangements
Les points faibles
- Passavants étroits avec des cadènes au milieu du pont limitant les déplacements sécurisés à l'extérieur
- Le tableau arrière inversé bloque les annulations lors de la mise à l'eau ; la descente arrière prend les embruns
- Batteries standard sous-dimensionnées ; plusieurs commandes de gréement mal placées ou mal menées
- Évier des WC se remplit par l'arrière en gîte ; problèmes de pont signalés sur les bateaux neufs









