Conception et construction
L'héritage d'Alberg sur l'Electra a donné à l'Ensign un pedigree de quille longue avec de grands élancements, un vestige de l'ancienne jauge CAA qui privilégiait la longueur à la flottaison mesurée à une hauteur déterminée au-dessus de la ligne de charge. La coque et le pont sont en stratifié de fibre de verre moulé intégralement par échantillonnage manuel, avec un pont en sandwich balsa pour la rigidité et l'isolation plutôt qu'un stratifié massif sur toute la largeur. Des hiloires en teck supportent les montures des winches, et des sièges en teck ainsi qu'un plancher de cockpit en teck habillent ce cockpit de huit pieds. Des cadènes en acier inoxydable pour l'étai, le pataras et les haubans, associées à des ferrures en laiton ou bronze chromé et en alliage marin, complètent un ensemble d'accastillage mis à la terre pour la protection contre les étincelles. (1)
Dans une critique éditoriale, la durabilité du bateau était attribuée à un grand cockpit profond et à un déplacement généreux, tandis que sa raideur à la toile était imputée à un maître-bau large à la flottaison, un angle de carène vif et 1 200 livres de lest en plomb interne — soit un ratio de lest de 40 %. Le plan de construction d'origine de 1962 prévoyait 2 000 livres de lest, un chiffre que les bateaux de série n'ont jamais atteint, mais le déplacement final de 3 000 livres et le ratio déplacement/longueur (D/L) de 213 offrent toujours une plateforme stable et tolérante. (2)
Gréement et comportement
L'Ensign porte un gréement de sloop fractionné à sept huitièmes sur un mât et une bôme en aluminium anodisé 6061-T6, avec un gréement dormant en acier inoxydable 1x19 et des ferrures pressées, des toggles sur l'étai et les haubans, et des ridoirs sur chaque étai. Un plan de voilure de 245 pieds carrés — 151 dans la grand-voile, 94 dans le triangle avant — propulse une coque qui atteint sa vitesse de coque théorique de 5,49 nœuds dans des brises de huit à dix nœuds au mouillage. La quille longue offre des performances sous voiles à plat et tolérance lorsqu'on la laisse gîter, une combinaison qui a fait de ce bateau une classe de régate monotype nationale sous des règles de classe strictes garantissant la continuité du design. (1)
Aménagements
Sous le grand cockpit, l'Ensign propose une cabine à rouf avec couchette double, prévue pour accueillir deux lits superposés sur toute sa longueur et offrant assez d'espace pour une petite table entre eux, bien que la hauteur sous barrots soit probablement insuffisante pour rendre cette table utile. Un cabinet de toilette optionnel était proposé, et les plans d'origine en montrent un intégré entre les couchettes en V. Une revue signalait que le bateau aurait besoin d'un taud de bôme pour une croisière confortable, car l'équipage vit dans le cockpit, sauf lorsqu'il dort, et la cuisine doit s'y faire plutôt qu'en dessous.
Problèmes connus
La principale particularité est le décalage de lest : la fiche technique de 1962 indiquait un tirant d'eau de 2 000 livres, alors que les bateaux construits portent 1 200 livres de plomb, une différence signalée par l'expertise initiale sans pour autant en inférer de perte de performances.
Refits et propriété
Ensign Spars, fondée par Zeke Durica en 1995 pour fournir des pièces à la flotte vieillissante, a ensuite acquis les moules d'origine et a repris la production semi-personnalisée à partir de la coque numéro 2000. Avec 45 flottes actives aux États-Unis et une forte association de monotypie, l'Ensign reste facile à entretenir grâce aux réseaux de classe. Des portes de cabine optionnelles et des composants de gréement de rechange sont disponibles via le service des espars.
Le verdict
L'Ensign reste un voilier de jour familial et un régatier monotype parce qu'Alberg a su concilier un cockpit spacieux, le comportement tolérant d'une quille longue et une classe strictement contrôlée avec un minimum de compromis sous le pont. C'est un petit bateau qui récompense la navigation à la journée et la croisière légère sans prétendre en faire plus.
Avantages
- Grand cockpit en teck de huit pieds avec des sièges sur toute sa longueur
- Comportement raide et tolérant de la quille longue avec une vitesse de coque parfaite dans le petit temps
- Classe monotype active avec pièces de rechange et nouveaux bateaux semi-custom
Points faibles
- Aménagements de cabine minimalistes ; la cuisine se limite au cockpit
- Hauteur sous barrots probablement insuffisante pour installer une table utilisable
- Le lest de série était bien en dessous du tirant d'eau d'origine de 2 000 livres






