Conception et construction
Le Privateer 20 est un voilier transportable sur remorque en stratifié de fibre de verre massif, doté d'une quille relevable positionnée étonnamment loin vers l'avant — en fait, devant l'œil de mât. Cette emplantation avant explique en grande partie son comportement atypique sous voiles. Le concepteur d'origine a lui-même reconnu que le plan était trop léger, et les bateaux ultérieurs semblent avoir bénéficié d'un lest permanent intégré sous le plancher de cabine, absent sur les premiers modèles. Les propriétaires qui chargent pour une croisière prolongée rapportent ajouter au moins 160 kg de lest à bord, portant le déplacement total à environ 1 500 kg avec une personne et son équipement, tandis que l'ensemble sur sa remorque reste inférieur à 2 tonnes. Son déplacement est environ la moitié de celui d'un Cornish Shrimper ou d'un Cape Cutter 19, une légèreté frappante pour sa taille. Il reste presque droit lorsqu'il s'échoue sur une marée descendante grâce à son petit skeg, ce qui représente un réel plus en termes de confort au mouillage ou sur le pont. (1)
Gréement et comportement
Le gréement de cotre aurique est l'âme du bateau. Le mât en bois est étonnamment léger et se loge dans un tabernacle, et le guindant de la grand-voile aurique est contrôlé par des anneaux de réglage ou des ferrures de mât plutôt que par une raille. Comme la surface totale des voiles d'avant est répartie sur deux petites voiles, aucune ne nécessite de winch, et le bateau reste très bien équilibré sous grand-voile arisée, trinquette et foc arisé. Le centre de poussée inférieur d'une grand-voile aurique par rapport à une voile bermudienne de même surface réduit le couple de gîte, et la grand-voile peut être temporairement affaiblie en « scandalisant » — en laissant filer la drisse de pic pour que l'aurique s'affaisse. Prendre un ris dans la grand-voile depuis le cockpit ne prend qu'une vingtaine de secondes une fois la tension de chute réglée, et mettre à la cape est un jeu d'enfant : enrouler le foc, laisser filer le pic, border la trinquette et poser la barre franche. Un gréement bermudien à faible allongement était également proposé, mais c'est le cotre aurique qui le distingue.
Le cahier des charges du concepteur stipulait que la quille relevable devait être utilisée partiellement abaissée comme une dérive de réglage pour équilibrer le skeg arrière, et non entièrement descendue comme l'ancre de dérive d'un dériveur. En pratique, le skeg arrière est trop petit, générant une dérive importante au près, tandis que la descente complète de la quille avec toutes les voiles établies provoque une barre ardente prononcée. Pourtant, la quille entièrement basse permet de naviguer au près sous voiles uniquement, ce qui est un atout précieux. Un remplacement de pale de safran semi-compensée réduit la charge sur la barre franche, permettant à un propriétaire de tolérer une barre légèrement plus tendue que la normale. (1)
Aménagements
Sous le pont, le puits de dérive ne gêne pas trop la cabine, et le franc-bord est faible mais suffisant pour la taille du bateau. En standard, le voilier ne dispose ni d'évier ni d'eau courante, et son WC est totalement non protégé et difficile à utiliser. Il s'agit d'un croiseur de type camping, pas d'un week-end de confort, et l'acheteur doit l'accepter dès le départ. Sur le pont, un espace de stockage dédié abrite une ligne de mouillage et un sac de chaîne — 50 m de ligne et 15 m de chaîne dans la configuration d'un propriétaire — bien que ce poids à l'avant puisse donner une tendance à affaler et à être légèrement gîté au mouillage.
Known Issues
Le petit skeg arrière est à l'origine de sa faiblesse au près, générant une dérive importante lors des bords de près. Abaisser complètement la quille sous voiles pleines provoque une forte barre ardente. Les filoirs de milieu de bateau pour la trinquette sont alignés dans l'axe, créant des réglages d'écoute à angle droit et une friction excessive. Ajouter un lest important — ce que le concepteur lui-même suggère pour la navigation en solitaire, sous le plancher du cockpit — risque de submerger le dalot de cockpit même lorsque le bateau est vide à son mouillage, le rendant inutilisable. Il s'agit là de caractéristiques de conception, et non de défauts liés à l'âge.
Refits et entretien
Les propriétaires naviguant en solitaire signalent environ 2,5 heures entre l'arrivée sur la route avec le bateau en remorque et sa mise à l'eau prêt à naviguer, y compris l'établissement du mât. Le mât en bois léger sur tabernacle facilite grandement cette opération. Un safran semi-compensé est une amélioration intéressante pour soulager le barreur. La faible masse de remorquage du bateau et son caractère de voilier transportable sur remorque rendent les mises à l'eau et le stockage simples, et sa position d'échouage facilite l'entretien à quai.
Le verdict
Le Privateer 20 est un voilier transportable atypique et léger dont le gréement de cotre aurique récompense le marin actif par des ris faciles à prendre, une barre équilibrée sous voilure réduite et une excellente capacité à remonter au vent sous voiles de proue seules. Ce n'est pas un voilier hauturier et ses aménagements sont spartiates, mais pour le marin qui apprécie la simplicité et le caractère, c'est un petit yacht unique en son genre.
Avantages
- Le gréement de cotre aurique ne nécessite pas de winches et prend un ris rapidement depuis le cockpit
- Masse de remorquage très légère ; facile à transporter sur remorque, à mettre à l'eau et à échouer bien droit
- La quille relevable avant permet de naviguer au près uniquement sous voiles d'avant
- Moindre couple de gîte grâce au centre d'effort du grand-voile aurique
Les points faibles
- Le petit skeg arrière provoque une dérive au près
- La quille longue avec toutes les voiles affichées génère une barre ardente importante
- Pas de baille ni d'eau courante ; WC non protégé et peu pratique
- Le lest supplémentaire peut immerger l'écoulement du cockpit lors des mouillages






