Programme et philosophie du modèle
La mission principale du Comet 800 était de maximiser le volume intérieur sans sacrifier les qualités nautiques nécessaires pour naviguer dans les vents faibles à modérés des mers Adriatique et Tyrrhénienne. Pour y parvenir, Jean-Marie Finot a fait un choix d'ingénierie radical qui s'écartait de l'architecture navale traditionnelle. Il a conçu le Comet 800 avec une structure de coque autoportante. En supprimant les varangues et les membrures traditionnelles épaisses ainsi que le plancher en bois indépendant, qui surélevaient habituellement le fond de cabine d'environ 14 centimètres, Finot a permis de marcher directement sur le stratifié intérieur arrondi et fini de la coque. Ce choix structurel a permis de porter la hauteur sous barrots dans la cabine à un impressionnant 1,85 mètre (plus de six pieds) — une configuration pratiquement inédite sur un voilier de 25 pieds à la fin des années 1970.
La contrepartie de cet aménagement est que le plancher de cabine est arrondi et non plat. L'aménagement intérieur était très progressiste pour l'époque, utilisant une approche modulaire pour gagner de la place. Il comprenait un réchaud de cuisine coulissant qui se glissait sous le pont de la descente lorsqu'il n'était pas utilisé, une table à cartes escamotable et des couchages pour cinq personnes répartis entre une cabine avant en V, un carré transformable et une couchette de quart. Plutôt que d'utiliser des menuiseries lourdes et sombres en teck, Comar a utilisé un contre-moule en fibre de verre facile à nettoyer avec des placages de bois chaleureux sur les cloisons, rendant la cabine lumineuse, aérée et fonctionnelle.
Variations et configurations
Le Comet 800 était proposé en deux configurations principales de pont et de tableau arrière. La plus courante était la version à tableau arrière standard, dotée d'un étambot vertical traditionnel. L'autre variante, souvent commercialisée sous le nom de Comet 800 Plus ou version "spoiler", présentait une extension de tableau arrière intégrée avec une plateforme de bain. Ce spoiler était stratégiquement conçu pour contourner la réglementation maritime italienne de l'époque, permettant au bateau de passer sous certains seuils de jauge brute pour être qualifié de « natante » (ce qui dispensait d'immatriculation formelle ou de permis pour la navigation côtière).
Les options de tirant d'eau étaient également adaptées aux zones de navigation du voilier. La quille à aileron standard (grand tirant d'eau / GTE) calait de 1,45 à 1,55 mètre (4,76 à 5,06 pieds), offrant une excellente capacité à remonter au vent et une bonne portance. Pour les propriétaires naviguant dans des baies peu profondes ou sur les lacs intérieurs européens, Comar proposait une version petit tirant d'eau (PTE) calant environ 1,25 mètre (4,10 pieds). Les deux profils d'œuvres vives étaient associés à un safran suspendu à fort allongement. Le gréement a été conservé simple et facile à manœuvrer : une configuration de sloop en tête avec un mât en aluminium de 10,15 mètres de haut, permettant de porter la surface de voilure plus bas pour réduire les couples de gîte.
Performances sous voiles et comportement
Le Comet 800 est un voilier vivant et agile sous voiles, conçu spécifiquement pour exploiter les brises thermiques légères. Avec un déplacement lège de 2 000 kilogrammes (4 409 livres) et une longueur à la flottaison (LWL) de 21,65 pieds, son ratio déplacement/longueur (D/L) de 193,96 le place du côté léger de la catégorie des croiseurs de déplacement moyen. Associé à un généreux ratio surface de voile/déplacement (SA/D) de 21,72, le bateau se montre remarquablement réactif et relance rapidement après les virements de bord.
À la barre, le Comet 800 se comporte comme un dériveur ; le safran suspendu offre un retour d'information immédiat et franc, bien qu'il nécessite une attention constante pour maintenir le cap aux allures portantes. Le profil de coque en forme de goutte d'eau, signature du Groupe Finot, conserve un maître-bau large très en arrière, offrant une grande stabilité de forme initiale. Le voilier tient bien sa toile dans la brise modérée, mais en raison de sa légèreté et d'un ratio de confort relativement bas de 16,77, son comportement dans un clapot court et serré de face peut être rapide et saccadé. Avec un ratio de risque de chavirage de 2,12, c'est un croiseur côtier et un régatier de club bien équilibré qui privilégie la vitesse sur plan d'eau plat et l'agilité plutôt que les traversées hauturières par gros temps.
Points faibles connus et points de vigilance
La réalité technique la plus critique du Comet 800 découle directement de sa conception révolutionnaire « sans cale ». Comme on marche directement sur le fond de coque intérieur, il n'y a pas de puisard de cale pour recueillir l'eau. Toute infiltration d'eau — qu'elle provienne d'un presse-étoupe d'arbre d'hélice qui goutte, d'une mèche de safran non étanche ou d'un capot de descente mal jointoyé — forme immédiatement des flaques sur le plancher de la cabine là où l'équipage circule. Par conséquent, garder le bateau sec exige une vigilance absolue. Les propriétaires doivent inspecter régulièrement l'étanchéité de l'arbre. Le remplacement du presse-étoupe traditionnel d'origine par un joint tournant moderne sans goutte est fortement recommandé pour éviter d'avoir de l'eau stagnante dans la cabine.
De plus, comme la quille à aileron est boulonnée directement à travers une coque dépourvue d'une solide structure de varangues internes, la zone d'emplanture de la quille est soumise à des contraintes de travail élevées. Bien que Comar ait appliqué une stratification de fibre de verre massif exceptionnellement épaisse dans cette zone pour compenser, les coques plus anciennes doivent être inspectées avec soin pour détecter d'éventuelles fissures de faïençage du gelcoat ou des microfissures autour des contre-plaques de boulons de quille en acier inoxydable. Un autre point d'usure courant est la mèche du safran suspendu ; les bagues de safran supérieures et inférieures ont tendance à prendre du jeu après des décennies d'utilisation, nécessitant un usinage ou un remplacement pour restaurer la précision de la barre. Enfin, les hélices repliables d'origine ont tendance à se gripper, manquant parfois de s'ouvrir lorsque la marche arrière est engagée.
Modernisation et améliorations
La plupart des Comet 800 que l'on trouve sur le marché de l'occasion nécessitent quelques mises à niveau mécaniques et de systèmes pour répondre aux exigences de la croisière moderne. Les moteurs d'origine — généralement des moteurs diesel monocylindres comme le Farymann (allant de 6 à 12 chevaux) ou les premiers modèles Yanmar et Bukh — sont désormais en fin de vie, et trouver des pièces de rechange est particulièrement difficile. Une amélioration classique pour les propriétaires de longue date consiste à effectuer une remotorisation avec un diesel moderne de 10 à 14 chevaux, tel que le Yanmar 1GM10 ou un Nanni Diesel, qui s'intègrent dans le compartiment moteur compact sans nécessiter de modifications structurelles majeures.
Pour améliorer le confort en croisière, les propriétaires actuels modernisent fréquemment les systèmes électriques et de plomberie du bord. Comme la capacité d'eau douce d'origine (61 litres / 16 gallons) et la capacité de carburant (environ 26 à 38 litres) sont assez réduites, l'installation de réservoirs d'eau souples plus grands et l'ajout de systèmes de contrôle modernes sont courants. Le passage du parc de batteries de servitude à une technologie lithium (LiFePO4) permet de faire fonctionner un réfrigérateur marin 12V et des instruments de navigation modernes sans subir le poids de lourdes batteries au plomb. L'installation de panneaux solaires souples sur le capot de descente ou sur un petit bimini est également devenue une méthode standard pour maintenir l'autonomie énergétique au mouillage.
Le Verdict
Le Comar Comet 800 est un petit croiseur innovant, rapide et remarquablement spacieux qui offre un excellent rapport qualité-prix pour les navigateurs disposant d'un budget modeste. Bien que l'absence de puisard de cale exige un entretien méticuleux, la contrepartie est un voilier de 25 pieds offrant la hauteur sous barrots et le volume intérieur d'un bateau beaucoup plus grand, associés aux performances vives par petit temps qui ont fait la renommée du Groupe Finot.
Les points forts
- Hauteur sous barrots exceptionnelle de 1,85 mètre (6,06 pieds), rare pour un bateau de moins de 26 pieds.
- Comportement sous voiles vivant et très réactif, en particulier dans les airs légers à modérés.
- Stabilité initiale élevée et cockpit spacieux pour une croisière côtière de jour confortable.
- Aménagements intérieurs astucieux pour gagner de la place, comme le réchaud coulissant et la table à cartes escamotable.
- La version optionnelle avec spoiler de tableau arrière offre un excellent accès à l'eau et permet de naviguer sans immatriculation dans plusieurs pays européens.
Les points faibles
- L'absence de puisard signifie que toute fuite d'eau forme immédiatement des flaques directement sur le plancher de la cabine.
- La construction légère et le ratio de risque de chavirage élevé rendent le bateau vivant et moins confortable dans une mer formée et courte.
- Les moteurs Farymann d'origine sont obsolètes et difficiles à entretenir, nécessitant souvent une remotorisation coûteuse.
- Les bagues de safran suspendu ont tendance à prendre du jeu et nécessitent un remplacement périodique.
- Les capacités d'origine limitées en carburant et en eau restreignent le bateau à de la croisière côtière à court rayon d'action.


