CB Zugvogel — informations, avis, fiche technique

Ernst Lehfeld·1960
Plan approximatif

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Type de coque
Monocoque · dérive
Gréement
Sloop fractionné
LOA
19' · 5.79 m
Dépl.
616 lbs · 279 kg
Première année
1960

Conçu en 1960 par l'architecte naval Ernst Lehfeld, le Zugvogel est né en réponse directe à un concours de plan lancé par le magazine de voile allemand Yacht. L'objectif était de créer un dériveur de randonnée (Wanderjolle) moderne, transportable sur remorque, abordable et conçu pour deux personnes, capable de naviguer sur les lacs intérieurs peu profonds et les estrans d'Europe, tout en restant suffisamment robuste pour des escapades côtières. Construit à l'origine en contreplaqué marine pour permettre la construction amateur, ce plan a immédiatement séduit l'Europe centrale d'aprèsguerre, particulièrement en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Bien que Ernst Lehfeld ait initialement conçu ce voilier comme un petit croiseur paisible sous lequel un couple pouvait dormir à l'abri d'un taud de bôme, ses lignes fluides et sa carène intrinsèquement efficace ont rapidement donné naissance à une classe de régate très compétitive. Plus de six décennies plus tard, le Schwertzugvogel — la version à dérive de ce plan — s'impose comme l'une des classes monotypes nationales les plus dynamiques et les plus couronnées de succès en Europe, conciliant son héritage de randonnée rustique avec des régates de flotte hautement techniques.

Mesures

Dimensions 01

Longueur hors tout
19 ft
Longueur sur pont
Longueur à la flottaison
17,42 ft
Largeur
6,16 ft
Tirant d'eau
3,58 ft
Hauteur sous barrots max.
Tirant d'air

Construction et coque 02

Construction
Fibre de verre/bois (composite)
Type de coque
Monocoque
Type de quille
Dérive
Safran
1× —
Lest
(Plomb)
Déplacement
616 lbs
Capacité d'eau
Capacité de carburant

Gréement et voiles 03

Type de gréement
Sloop fractionné
Guindant de grand-voile
Bordure de grand-voile
Hauteur du triangle avant
Base du triangle avant
Longueur d'étai (estimée)
Surface de voile
161 sqft

Calculs 04

Ratio surface de voile/déplacement
35,58
Ratio lest/déplacement
Ratio déplacement/longueur (D/L)
52,02
Ratio de confort
4,72
Ratio de risque de chavirage
2,9
Vitesse de coque
5,59 kn

Design Brief & Intent

Le programme principal du Zugvogel était d'offrir accessibilité et polyvalence, contrastant fortement avec les dériveurs athlétiques et très spécialisés de son époque. Contrairement au Pirat, plus petit et à bouchain simple, ou à la classe très sportive Korsar également conçue par Ernst Lehfeld, le Zugvogel a délibérément rejeté les équipements de performance complexes tels que le spinnaker ou le trapèze. Cette absence a permis de maintenir une barrière à l'entrée basse pour les marins plus âgés, les familles et les novices, privilégiant la tactique à l'athlétisme pur. Le cockpit a été conçu avec un volume généreux pour accueillir du matériel de navigation à la journée, des affaires de camping ou même plusieurs passagers. Les premières versions tout en bois présentaient de chaleureuses menuiseries en acajou finies à la main, des membrures robustes en chêne et des ponts en contreplaqué marine. L'accastillage reflétait l'esprit de l'époque : hautement fonctionnel, durable et conçu pour résister à des années d'utilisation intensive lors d'escapades en voilier transportable. Au fil de l'évolution de la production, des chantiers spécialisés ont introduit la construction en composite verre-résine, mais la classe a strictement conservé son aménagement ouvert et épuré afin de préserver sa double identité de régatier sportif et de bateau de promenade familial. (1)

Variations & Configurations

Bien que le Zugvogel partage une longueur de coque uniforme de 19 pieds et un maître-bau de 6,16 pieds, la classe s'est rapidement scindée en deux configurations distinctes pour s'adapter à différents plans d'eau : le Schwertzugvogel à dérive et le Kielzugvogel à quille fixe. La version à dérive est un pur dériveur, affichant un tirant d'eau de seulement 0,82 pied lorsque la dérive en tôle d'acier est relevée, ce qui lui permet de glisser sur les hauts-fonds, de naviguer sur les estrans et d'être facilement mis à l'eau depuis une plage ou une simple rampe. Lorsque la dérive est complètement abaissée, son tirant d'eau passe à 3,6 pieds, offrant un profil profond pour limiter la dérive. À l'inverse, le Kielzugvogel utilise une quille fixe en fonte dotée d'un bulbe terminal, pour un tirant d'eau fixe de 2,83 pieds. Ce sister-ship lesté sacrifie la facilité d'échouement au profit d'une stabilité de forme autoredressable et porte un mât plus haut et plus puissant pour exploiter son plus grand moment de redressement. (1)

Au sein même de la classe des dériveurs, les gréements ont évolué pour répondre à différents usages. La configuration classique de randonnée dispose d'une surface de voilure modeste et facile à gérer de 15 mètres carrés, ce qui la rend très tolérante en équipage réduit. La configuration de régate monotype, quant à elle, arbore un gréement de sloop fractionné plus performant, portant 18 mètres carrés de surface de voile au près. Cette configuration associe une grand-voile de 10,8 mètres carrés à un génois généreux de 7,2 mètres carrés, créant une plateforme hautement réglable et performante. La construction a également connu des transitions générationnelles ; alors que les premiers modèles étaient exclusivement construits en contreplaqué marine, les bateaux contemporains issus de chantiers spécialisés comme Mader ou Fricke & Dannhus utilisent du stratifié de fibre de verre et des composites sandwich mousse pour garantir la rigidité structurelle et l'uniformité du poids. (1)

Sailing Performance & Handling

Avec un déplacement lège gréé de 616 livres, le Schwertzugvogel occupe une place unique entre le dériveur vif et le petit voilier de quille. La réalité physique de sa conception est soulignée par ses ratios techniques. Un ratio surface de voile/déplacement (SA/D) exceptionnellement élevé de 35,58 confirme que le bateau dispose d'une puissance immense par rapport à son poids. Dans le petit temps, il est extrêmement réactif, glissant facilement sur l'eau avec une traînée minimale, tandis que dans la brise modérée, il a la puissance nécessaire pour planer au travers et au portant. Ce potentiel de planing est favorisé par son très faible ratio déplacement/longueur (D/L) de 52,02, qui le classe parmi les carènes à déplacement ultraléger. Contrairement aux bateaux plus lourds qui restent bloqués dans leur vague d'étrave, le Zugvogel déjauge rapidement et survole la surface dès que le vent fraîchit.

Cependant, ces performances sportives exigent une participation active de l'équipage. Avec un ratio de risque de chavirage de 2,9, le bateau se comporte comme un dériveur ouvert ; il ne possède pas les caractéristiques autoredressables d'un quillard lesté, et un chavirage reste toujours possible dans les fortes rafales. Les règles de la classe interdisant le trapèze, l'équipage doit s'appuyer sur les sangles de rappel traditionnelles et sur l'effort physique pour maintenir le bateau à plat. Le ratio de confort de 4,72 traduit le caractère vif de la coque. Il offre des sensations très tactiles et physiques, transmettant chaque vague et chaque risée directement à la barre. La géométrie de la coque à bouchain vif offre une excellente stabilité initiale et, une fois légèrement gîté, le bouchain s'appuie, permettant au voilier de tenir confortablement son cap et de remonter au vent avec une impressionnante capacité à bien serrer le vent.

Known Issues & Triage

Au cours de sa longue histoire de production, le Zugvogel est passé du bois traditionnel au composite, et chaque époque présente des défis d'entretien spécifiques. Pour les coques anciennes en bois, les infiltrations d'eau sont l'ennemi principal. De la pourriture se développe fréquemment dans les ponts en contreplaqué marine, en particulier autour des cadènes, de l'emplanture de mât et des joints de hiloire. La zone structurelle la plus critique d'un Schwertzugvogel en bois est le puits de dérive. L'eau stagnant constamment à l'intérieur du puits, la pourriture du bois peut discrètement compromettre la liaison entre le puits, la quille et les varangues. Le remplacement d'un puits de dérive pourri est un travail laborieux qui exige d'importants travaux de menuiserie et une stratification structurelle à l'époxy.

Pour les modèles plus anciens en fibre de verre construits dans les années 1970 et 1980, les problèmes concernent plutôt la rigidité du pont et du fond du cockpit. Les premiers bateaux en composite présentaient un double fond pour assurer la flottabilité et créer un cockpit autovideur. Après des décennies d'utilisation, l'âme en balsa ou en mousse de ces panneaux sandwich peut se désagréger ou se délaminer, ce qui rend le plancher du cockpit mou sous les pieds. L'eau emprisonnée est un autre problème fréquent ; si les joints des trappes de visite ou de l'axe de dérive fuient, l'eau peut pénétrer dans les caissons de flottabilité étanches. Ce poids mort nuit aux performances du bateau et peut provoquer de l'osmose ou une délamination à long terme. Le diagnostic de tout modèle ancien en composite doit commencer par un test de pression rigoureux des caissons de flottabilité, afin de s'assurer que toutes les cloisons de compartiment et les trappes de visite sont parfaitement étanches.

Modernization & Upgrades

Les propriétaires de longue date de Zugvogel entreprennent souvent des projets de modernisation pour améliorer à la fois les performances et la facilité d'utilisation. En ce qui concerne la propulsion auxiliaire, on observe une transition généralisée vers l'électrique. Les moteurs hors-bord thermiques traditionnels sont lourds, bruyants et gâchent l'assiette délicate du bateau lorsqu'ils sont suspendus au tableau arrière. Aujourd'hui, de nombreux adeptes de la randonnée qui modernisent leur bateau optent pour des moteurs hors-bord électriques légers comme les modèles Torqeedo Travel. Ce moteur électrique léger peut être installé sur une chaise de tableau arrière amovible, tandis que sa batterie lithium peut être stockée au centre du bateau ou facilement retirée, préservant ainsi les qualités nautiques du voilier sans alourdir l'arrière.

Dans le cockpit, la modernisation des manœuvres courantes est essentielle pour maintenir les coques anciennes compétitives et faciles à manœuvrer. Le remplacement des anciennes drisses en câble métallique à forte friction par du Dyneema moderne est une pratique courante. De nombreux propriétaires installent également des systèmes de palans modernes sous le pont, permettant de régler facilement le cunningham et le hale-dehors depuis les passavants. Le remplacement des vide-vite de type Elvström usés dans le plancher est une autre mise à niveau nécessaire sur les coques en composite pour garantir que le cockpit s'évacue efficacement en navigation. Pour les propriétaires de modèles classiques en bois-composite, décaper les anciens vernis écaillés et appliquer des laques polyuréthanes bi-composants modernes réduit considérablement l'entretien courant tout en préservant la beauté intemporelle des ponts en acajou verni.

The Verdict

Le Zugvogel reste un chef-d'œuvre de compromis, s'imposant comme l'un des dériveurs de promenade pour deux personnes les plus polyvalents jamais conçus. Depuis plus de soixante ans, il comble avec succès le fossé entre le voilier de camping côtier familial et le monotype de régate tactique hautement compétitif. Sa longévité témoigne de la brillante géométrie de carène d'Ernst Lehfeld, qui continue d'offrir un plaisir de navigation pur aux amateurs de sorties bucoliques comme aux régatiers passionnés sur les lacs d'Europe.

Avantages

  • Le volume généreux du cockpit offre des assises confortables pour les sorties en famille et la randonnée côtière.
  • Une association de classe très active et vieille de plusieurs décennies garantit des valeurs de revente stables et de nombreuses opportunités de régate.
  • Performances exceptionnelles dans le petit temps associées à une capacité de planing dès la brise modérée à soutenue.
  • La dérive rétractable permet un échouement sans effort, l'exploration des zones peu profondes et un transport facile sur remorque.
  • Les règles strictes de la monotypie permettent aux coques anciennes de rester compétitives face aux constructions modernes en sandwich composite.

Inconvénients

  • L'absence de trapèze ou de spinnaker peut décevoir les navigateurs à la recherche d'une expérience de skiff moderne et très athlétique.
  • Les modèles classiques tout en bois ou bois-composite exigent un entretien et des vernis méticuleux et réguliers.
  • Les coques anciennes en composite sont sujettes à des planchers de cockpit mous en raison de la délamination de l'âme du double fond.
  • Les caissons de flottabilité doivent être inspectés régulièrement pour détecter d'éventuelles fuites et éviter que de l'eau emprisonnée ne dégrade les performances.

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