Pearson Lark 24 — informations, avis, fiche technique

William Shaw·1966 – 1968·~67 hulls·Pearson Yachts
Pearson Lark 24 drawingPlan du chantier
Type de coque
Monocoque · aileron
Gréement
Sloop en tête
LOA
24' · 7.32 m
Dépl.
4 300 lbs · 1 950 kg
Première année
1966

La nomination de William H. « Bill » Shaw chez Pearson Yachts au milieu des années 1960 a marqué un tournant décisif par rapport aux conceptions traditionnelles, étroites et à grands élancements de Carl Alberg. Lancé en 1966, le Pearson Lark 24 (souvent appelé simplement Lark) était une tentative ambitieuse de concilier les exigences de course du Midget Ocean Racing Club (MORC) avec le confort de vie d'un voilier de croisière familiale pour le weekend. Construit au légendaire chantier de Portsmouth, dans le Rhode Island, pendant l'« ère Grumman », le Lark était un petit croiseur innovant caractérisé par son pont flush à faible prise au vent et une utilisation efficace du volume intérieur. Malgré sa conception ingénieuse, le profil à pont flush s'est avéré trop en avance sur son temps pour les acheteurs conservateurs de la côte Est, ce qui a entraîné une courte production de seulement 67 coques avant qu'il ne soit redessiné sous une forme plus conventionnelle, le Pearson 24, en 1967. Aujourd'hui, le Lark 24 est un classique culte, rare et très apprécié des amateurs de petits bateaux qui apprécient sa qualité de construction robuste et ses aptitudes marines.

Mesures

Dimensions 01

Longueur hors tout
24 ft
Longueur sur pont
Longueur à la flottaison
18,5 ft
Largeur
8 ft
Tirant d'eau
4 ft
Hauteur sous barrots max.
Tirant d'air

Construction et coque 02

Construction
Fibre de verre
Type de coque
Monocoque
Type de quille
Aileron
Safran
1× —
Lest
1 800 lbs (Plomb)
Déplacement
4 300 lbs
Capacité d'eau
Capacité de carburant

Gréement et voiles 03

Type de gréement
Sloop en tête
Guindant de grand-voile
25,75 ft
Bordure de grand-voile
11,16 ft
Hauteur du triangle avant
29,25 ft
Base du triangle avant
9,5 ft
Longueur d'étai (estimée)
30,75 ft
Surface de voile
283 sqft

Calculs 04

Ratio surface de voile/déplacement
17,12
Ratio lest/déplacement
41,86
Ratio déplacement/longueur (D/L)
303,18
Ratio de confort
20,66
Ratio de risque de chavirage
1,97
Vitesse de coque
5,76 kn

Philosophie de conception et aménagement intérieur

Le cahier des charges de Bill Shaw pour le Lark 24 était centré sur la maximisation de l'espace intérieur utile dans un gabarit compact. Il y est parvenu grâce à la mise en œuvre d'un pont flush. En prolongeant les flancs de la coque verticalement jusqu'à une ligne de pont plane, plutôt que d'intégrer un rouf, l'intérieur a gagné un volume latéral considérable et de larges surfaces de pont plates. Le principal compromis d'un pont flush sur un voilier de 24 pieds est la hauteur sous barrots ; pour y remédier, Shaw a conçu un capot de descente coulissant et pliant très astucieux qui, lorsqu'il est ouvert, permet de se tenir debout au niveau de la cuisine. (1, 2, 4)

L'aménagement intérieur comprend contre-moule en fibre de verre, agrémenté de boiseries chaleureuses en acajou ou en teck. Il offre quatre couchages, avec une cabine avant en V double (sous laquelle est logé un WC marin ou un WC chimique portable) et deux couchettes de quart s'étendant vers l'arrière. La cuisine est divisée et conçue pour être utilisée en position assise, avec un évier à bâbord et un plan de travail pour une cuisinière à tribord. Cette configuration est très pratique pour un petit croiseur, permettant au cuisinier de rester bien calé et assis pour préparer les repas dans le clapot. (2, 5)

Configurations de coque et de gréement

La carène du Lark 24 présente une quille longue modifiée avec un brion dégagé et un safran fixé sur la quille. Cette conception hybride offrait un compromis entre la stabilité de route des quilles longues traditionnelles et la surface mouillée réduite des nouveaux plans de dérive fractionnés. Avec un tirant d'eau standard de quatre pieds et un maître-bau de huit pieds, la forme de la coque offre une plateforme solide et stable pour la navigation côtière. (2)

Le Lark 24 est gréé en sloop en tête avec des espars en aluminium. Son grand triangle avant permet d'utiliser une grande variété de voiles d'avant, qui sont envoyées depuis un mât emplanté sur le pont. Pour rendre le bateau très accessible, il a été conçu sans moteur in-board ; la propulsion est assurée par un moteur hors-bord monté sur une chaise d'élancement arrière ou dans un puits de hors-bord dédié. Cette configuration a permis de minimiser les coûts d'entretien et de préserver un espace intérieur précieux pour les aménagements. (1, 2)

Performances sous voiles et comportement marin

Les caractéristiques de navigation du Lark 24 sont fortement marquées par sa construction robuste, qui reflète la philosophie « suréchantillonnée » des débuts de la construction en fibre de verre. Avec un ratio déplacement/longueur (D/L) de 303,18, le bateau se situe résolument dans la catégorie des déplacements lourds. La conséquence physique de ce déplacement est un mouvement très confortable et doux à la mer. Contrairement aux petits croiseurs modernes à déplacement léger qui ont tendance à tanguer et à taper durement dans un clapot de face, le Lark 24 fend les vagues avec une inertie constante.

Avec un ratio lest/déplacement (B/D) de 41,86 %, le voilier est remarquablement raide à la toile. Portant 1 800 livres de lest en plomb encapsulé pour un déplacement de 4 300 livres, il supporte magnifiquement sa voilure, résistant à une gîte excessive et offrant une sensation de stabilité rassurante dans les grains imprévus. Cette stabilité ultime se traduit également par son ratio de risque de chavirage de 1,97. Se situant bien en dessous du seuil critique de 2,0, le Lark 24 répond aux normes classiques de navigabilité, ce qui indique une excellente capacité de redressement. (2)

Son ratio surface de voile/déplacement (SA/D) de 17,12 montre que malgré sa coque lourde, le gréement de sloop en tête porte suffisamment de surface de voilure pour garantir des performances honorables par vent faible à modéré. Le ratio de confort de 20,66 est exceptionnellement élevé pour un bateau de 24 pieds, ce qui se traduit par un comportement sur l'eau digne d'une unité beaucoup plus grande. À la barre, la quille longue modifiée assure un bon suivi de cap. Bien qu'il n'offre pas l'accélération immédiate d'un voilier de régate à quille à aileron, le brion dégagé réduit suffisamment la surface mouillée pour permettre des virements de bord réactifs et une tenue de cap stable à toutes les allures. (2)

Aperçu du marché et aspects économiques

Avec seulement 67 unités construites au cours de sa brève production, le Lark 24 est une perle rare sur le marché de l'occasion. Il se négocie généralement à un prix modeste, offrant un excellent rapport qualité-prix pour les acheteurs à la recherche d'un petit croiseur classique et solidement construit. En raison de sa faible valeur marchande absolue, entreprendre le refit d'un Lark 24 doit être un travail de passionné. Les travaux professionnels en chantier peuvent facilement dépasser la valeur vénale du bateau ; cependant, pour un propriétaire bricoleur et compétent, ce voilier représente un projet très économique. Avec un poids en charge inférieur à 5 000 livres, il est transportable sur remorque, ce qui permet d'éviter les frais d'une place de port à l'année et d'hivernage. (1, 2, 3)

Problèmes connus et diagnostic préventif

Comme beaucoup de premiers modèles Pearson de cette époque, le Lark 24 utilise un pont en sandwich balsa. Les infiltrations d'humidité sont fréquentes autour de l'accastillage de pont, notamment au niveau des cadènes, des pieds de chandeliers, des taquets et de l'emplanture du mât. Au fil des décennies, des joints d'étanchéité négligés permettent à l'eau de pourrir l'âme en balsa, ce qui crée des zones molles ou spongieuses sous les pieds. Le traitement consiste à percer des trous de test pour évaluer les dégâts, à gratter le balsa pourri et à injecter de l'époxy ou à remplacer complètement l'âme en sandwich.

Le mât emplanté sur le pont est soutenu à l'intérieur par une cloison ou une épontille. Avec le temps, une forte tension du gréement ou le pourrissement des structures de soutien en bois peuvent provoquer un affaissement du pont sous l'emplanture du mât, entraînant de fines fissures dans le gelcoat et une perte de tension du gréement. Les propriétaires doivent inspecter soigneusement cette zone de transition pour s'assurer que l'épontille est intacte et transmet correctement les charges à la quille. De plus, les cadènes en acier inoxydable qui traversent le pont sont très sensibles à la corrosion caverneuse anaérobie si de l'eau reste piégée autour d'elles. L'entretien préventif consiste à démonter les cadènes, à inspecter l'absence de microfissures et à les remonter en appliquant un mastic marin de haute qualité.

Stratégies de modernisation et de refit

Les propriétaires actuels modernisent activement ces coques classiques pour les adapter aux standards de navigation d'aujourd'hui. Les drisses mixtes câble-cordage traditionnelles sont systématiquement remplacées par des cordages tressés modernes à faible allongement comme le Dyneema ou le polyester de haute qualité, ce qui améliore la manipulation et élimine le risque que des fils d'acier rompus ne blessent les mains de l'équipage.

L'absence de moteur diesel in-board fait de l'autosuffisance électrique une priorité. Les propriétaires expérimentés équipent ces petits croiseurs classiques de parcs de batteries lithium fer phosphate (LiFePO4) légers, associés à des panneaux solaires flexibles modernes montés sur le pont ou sur un petit portique de poupe. Cette installation alimente facilement les éclairages LED, les radios VHF modernes et les traceurs de cartes GPS sans avoir besoin d'un groupe électrogène lourd et bruyant. De plus, comme le bateau est traditionnellement propulsé par un moteur hors-bord de 4 à 6 chevaux, il est un candidat idéal pour une motorisation hors-bord électrique. Un hors-bord électrique moderne offre des manœuvres de port silencieuses et fiables, sans l'entretien, le stockage de carburant et les problèmes d'échappement des anciens moteurs à essence deux temps. (2)

Le verdict

Le Pearson Lark 24 est un petit croiseur robuste et doux à la mer qui incarne l'époque de transition dans la conception des bateaux en fibre de verre. Bien que l'esthétique de son pont flush puisse ne pas plaire à ceux qui préfèrent les roufs traditionnels, il offre un volume intérieur et une sécurité sur le pont inégalés pour un bateau de cette longueur. C'est un petit voilier hauturier très capable qui supporte bien la brise et se comporte comme une unité beaucoup plus grande dans le clapot. Pour le plaisancier au budget limité qui apprécie les lignes classiques et est prêt à investir de l'huile de coude dans des travaux structurels, le Lark 24 est un petit croiseur gratifiant et durable. (1, 3)

Avantages

  • Coque en fibre de verre robuste et suréchantillonnée offrant un passage très doux dans le clapot.
  • Le ratio lest/déplacement élevé rend le bateau exceptionnellement raide à la toile et stable.
  • La conception à pont flush offre une zone de travail large et sûre ainsi qu'un volume intérieur maximisé.
  • Sa conception transportable sur remorque permet un transport facile et un stockage hors saison à faible coût.
  • La configuration avec moteur hors-bord simplifie l'entretien du moteur et préserve l'espace dans la cabine. (1, 2)

Inconvénients

  • Modèle extrêmement rare sur le marché de l'occasion avec seulement 67 coques construites.
  • Le pont flush limite la hauteur sous barrots à l'intérieur de la cabine, sauf si le capot de descente est ouvert.
  • Les ponts d'époque en sandwich balsa sont très sujets au pourrissement et à la délamination s'ils ont été négligés.
  • La tension du gréement peut provoquer une compression de l'emplanture sur le pont si les cloisons de soutien internes pourrissent.
  • Pas d'option de moteur in-board, reposant entièrement sur une chaise de hors-bord ou un puits de moteur. (1, 2)

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